Biographie

Fils d’un industriel, Michel Ricaud poursuit d’abord des études techniques avant de se tourner assez rapidement vers les arts où va sa préférence. Il entre aux Arts appliqués afin de devenir directeur artistique, mais ses études déboucheront sur la création d’une boîte de publicité avec le concours de trois amis.   Disposant d’un laboratoire photo, Michel et ses amis font à l’occasion du développement pour des tiers, ce qui les amène à croiser la route d’un vendeur de bondieuseries dont l’arrière-boutique recèle une quantité de films et d’objets érotiques. Séduit par ce premier pas dans l’univers pornographique, alors voué à la clandestinité, Michel commence à s’y intéresser de près.   Il s’occupe bientôt de la direction artistique d’un catalogue de vente par correspondance, mais la société éditrice est frappée d’interdiction. Ricaud reprend l’affaire à son compte et commence à éditer des revues et des romans érotiques, mais la censure veille et Michel, comme les autres pornographes en cette fin des années soixante va jouer au chat et à la souris, coulant et recréant des sociétés chaque fois plus florissantes.   Les amateurs de polissonneries sont en effet nombreux et la vente par correspondance marche bien. Au début des années 70, Michel Ricaud se met à produire ses propres romans-photos qui occupent bientôt les trois-quarts de son catalogue et alimentent les deux tiers du marché français.   Il fréquente également le milieu hard et notamment Alain Payet, alors assistant réalisateur. Les deux hommes deviennent amis et Payet introduit bientôt Ricaud dans le monde du cinéma, ce qui lui permet de réaliser en 1972 son tout premier long-métrage, Sexe de sang.   Ce film érotique et violent lui vaut un mois de préventive à la prison de la Santé, pour outrage aux bonnes mœurs et incitation au meurtre. Cela n’arrête guère Michel qui persévère dans la voie de la provocation et crée le scandale un peu plus tard en éditant La Novice, un roman-photo qui met en scène des curés et des bonnes sœurs et qui sera l’une des plus grosses ventes du genre.   À partir de 1975, en pleine explosion pornographique, Michel va se mettre encore plus sérieusement à la réalisation, mais à côté de ses films hard « acceptables » beaucoup d’autres vont être censurés et circuler sous le manteau jusqu’à devenir parfois des œuvres cultes, comme Corps de Chasse ou Et il voulut être une femme (produit par la société Proserpine), dans lequel Ricaud filme la transformation d’un homme en femme.   Jusqu’au milieu des années 80, Michel réalise de nombreux films sous divers pseudonymes, dont un certain nombre sont édités par la société Laura Vidéo, les plus hard et les plus choquants demeurant impossibles à trouver dans les circuits de vente habituels.   En 1986, la carrière de Michel prend un nouveau tournant lorsqu’il croise la route de Marc Dorcel. Le célèbre producteur lui propose de travailler pour sa société, ce que Michel accepte, entérinant l’une des plus belles collaborations de l’histoire du X français.   Jusqu’en 1992, Ricaud va rester fidèle à Dorcel (à l’exception de quelques films pour le compte de Défi), réalisant pour l’enseigne au toucan les meilleurs films de son catalogue empreints d’une griffe inimitable, où se mêlent perversion et raffinement.   En 1993, Michel Ricaud décide de s’émanciper et offre ses services à la compagnie suédoise Private qui lui commande deux films dotés de budgets conséquents. Ricaud embarque pour les Seychelles, mais n’achèvera jamais le tournage de Club Private aux Seychelles et Beauties in Paradise.   Il trouve en effet la mort sur un îlot seychellois le 28 juin 1993, emporté par une vague au cours d’une reconnaissance de terrain, avec pour unique témoin son directeur de casting et assistant, Pierre Woodman.

Caractéristiques

  • Début dans le X 1972
  • Lieu de NaissanceFrance
  • Date deNaissance06 décembre 1944
  • NationalitéFrançaise